La percée du Web 2.0 en entreprise

Dans son édition du 22 décembre 2008, le Monde informatique analyse les nouveaux usages du Web 2.0 en entreprise, espace de dialogue entre ses représentants, ses partenaires et les communautés de ses clients et salariés. La venue des « digital natives », génération de salariés rompus aux nouvelles technologies, bouscule les habitudes des managers et des ressources humaines.

I. Web 2.0 et recrutement

Dans le processus de recrutement, si l’emploi des TICs s’est largement ouvert, les candidatures par courrier ne sont pas abandonnées. La vidéo, les réseaux sociaux et le monde virtuel de Second Life sont considérés comme performants; les CV videos et les sites d’emploi accessibles par téléphone mobile et les blogs RH sont reléguées en queue de peloton. « En 2008, une étude de Robert Half montrait que 42% des entreprises -tous pays confondus – préféraient recruter des candidatures papier. En France, ils n’étaient que 47 % à recruter sur format électronique ! Cette tendance se vérifie également dans notre dernier sondage flash : d’après les résultats de notre enquête, 44% des candidats indiquaient préférer la voie classique des petites annonces pour chercher un emploi » (Véronique Arène, Les tops et les flops du recrutement, vus par trois spécialistes RH).

II. Le Web 2.0 dans la vie de l’entreprise

La vie de l’entreprise est également rythmée par le Web 2.0: les réseaux sociaux sont une source d’information pour l’entreprise. Selon une enquête d’Anderson Analytics, 60% des utilisateurs de LinkedIn auraient des revenus relativement élevés et des postes à responsabilité (Miléna Nemec-Poncik, Les réseaux sociaux, source d’information pour les entreprises).

Selon ce cabinet, les prescripteurs et les décideurs partagent plus volontiers leurs points de vue et les exposent sur les réseaux sociaux. Anderson Analytics segmente les utilisateurs en quatre catégories: les « pros du réseaux » (9 millions de personnes; 61 connections moyennes par mois); les « cadres supérieurs » (8,4 millions de personnes; 31 connextions moyennes par mois, qui disposent des revenus et des responsabilités relatives les plus élevées); les « adeptes tardifs (6,6 millions de personnes; 23 connections moyennes par mois); les « explorateurs » (chiffres non communiqués).

La faible différence entre les catégories des cadres supérieurs et des adeptes tardifs oriente la réflexion sur un aspect qui me semble déterminant: ce n’est pas la quantité qui fait la qualité. Le nombre de connections est un critère moins important que la finalité et l’usage fait des outils Web 2.0.

Les outils de réseaux sociaux ont-ils facilité l’accès à un poste à responsabilité ? Les fonctions étaient-elles exercées antérieurement à l’usage des outils 2.0? Le compte-rendu de Miléna Nemec-Poncik ne nous renseigne pas sur ce point déterminant.

III. Web 2.0: de nouveaux outils pour les collaborateurs

La percée des outils Web 2.0 modifient le travail des collaborateurs.

A l’occasion du Web 2.0 Summit, qui s’est déroulé du 5 au 7 novembre dernier à San Francisco, les représentants de Google, Microsoft, Facebook, et MySpace ont abordé l’interopérabilité de leurs plates-formes (Miléna Nemec-Poncik; Google, MySpace, Microsoft et Facebook parlent interopérabilité). Ainsi, MySpace a procédé à une ouverture lente de ses API, tandis que sur FaceBook, ce sont 400 000 développeurs qui ont créé 24 00 applications. Au contraire, le département Microsoft Live souhaite rassurer les développeurs sur les investissements qu’ils réalisent à long terme.

Dans un espace ouvert, les utilisateurs du Web 2.0 prônent l’interopérabilité entre les logiciels et les systèmes applicatifs. L’entreprise sera soucieuse de préserver ses investissements et son avance technologique, par la défense de ses droits de propriété intellectuelle à l’encontre de ses concurrents.

Si le Web 2.0 dessine de nouvelles pratiques, celles-ci ne résoudront pas la quadrature du cercle.