Ordinateur et logiciel « On demand »

La société Microsoft a déposé un brevet pour un PC payé à l’usage qui en est fait. La firme de Redmond transpose dans le domaine du matériel et du logiciel le modèle économique « on demand » développé par IBM. Décryptage.

Aux Etats-Unis, les demandes de brevet d’invention sont déposées auprès de l’USPTO (United States Patent and Trademark Office, Office des Brevets et des Marques des Etats-Unis). Contrairement au système applicable en Europe, les Etats-Unis délivrent des brevets d’invention sur les méthodes commerciales (business methods). Ainsi, toute organisation spécifique et ingénieuse d’un système de commercialisation peut faire l’objet d’un brevet d’invention américain, réservant ses entiers bénéfices à son titulaire.

De tels brevets d’invention sont généralement refusés par l’Office Européen des Brevets.

Le 21 juin 2007, onze inventeurs ont déposé, pour le compte de Microsoft, un brevet d’invention portant sur un ordinateur comportant des programmes pré-enregistrés, et présentant un tarif périodique pour chaque utilisation de chaque logiciel. Le texte intégral du brevet est disponible sur le site de l’USPTO.

Le résumé du brevet peut être ainsi traduit:

« Un ordinateur comprenant un niveau de performance évolutif, permettant de sélectionner des composants logiciels et les options de service par une interface utilisateur. Le niveau de performance évolutif des composants peut être sélectionné, et comprend un processeur, de la mémoire, un contrôleur graphique, etc… ainsi que des services tels que traitement de texte, courrier électronique, navigation, accès aux bases de données, etc. Cette méthode consiste en un modèle commercial « pay-per-use » (paiement par l’usage), en fonction du choix de chaque élément. A chaque élément est associé un coût, ce qui permet à un utilisateur de payer pour les services effectivement utilisés, et qui correspondent le plus probablement à la fonction ou aux tâches en cours. Un administrateur peut utiliser une interface utilisateur similaire pour fixer les niveaux de performance de chaque ordinateur en réseau. Cette méthode permet d’ajuster les performances et le coût du système en fonction des exigences de l’utilisateur ».

De manière très schématique, la firme de Redmond transpose le modèle commercial « On Demand » développé par IBM dans le domaine de l’informatique pour particulier. Il s’agit de définir un catalogue:

– du matériel disponible sur le terminal;

– des logiciels disponibles sur le terminal;

– de leurs puissances respectives;

– de leurs capacités de traitement.

Ainsi, l’utilisateur serait facturé par période d’utilisation, en fonction des logiciels qu’il aura effectivement utilisés. On se rappèlera que les grands équipementiers américains avaient étudié, il y a quelques années, la commercialisation d’un ordinateur à 1$ US par jour. Selon Microsoft, un tel modèle serait facilement transposable dans plusieurs pays. Reste à savoir si le marché des logiciels et des matériels acceptera de telles contraintes, et si Microsoft mettra en oeuvre son modèle économique.

Source: 01net.com, 31 décembre 2008, article d’Arnaud Devillard, et USPTO.